Edito psy | Confinement, quand tu nous tiens...

Horaires23 avril 2020 | 17:08

Face à l’enfermement et ses conséquences dans la cellule familiale, Marc Florent, notre psychologue territorial nous donne quelques conseils pour prendre du recul face aux émotions et aux réactions que le confinement peut finir par provoquer. Il reste disponible et à l’écoute.


Voilà un peu plus d’un mois que nous sommes confinés et nous voilà confinés pour quelques semaines de plus…

Parents et enfants sont contraints à une proximité permanente, dans un rythme et des obligations inhabituels, avec peu de possibilités de sorties et donc d’aller prendre l’air aussi souvent qu’on en aurait besoin. Nous voici enfermés, sans relais, sans possibilité de s’isoler pour se ressourcer ou de changer d’espace, sans ce sas de décompression que peuvent jouer la journée professionnelle ou la journée d’école de nos enfants. Comme je le dis souvent, il est pourtant important que les parents puissent un peu vivre en dehors de la tête de leurs enfants et que les enfants puissent eux aussi vivre un peu en dehors de la tête de leurs parents, mais en ce moment, bien sûr, c’est compliqué.

On se retrouve en télétravail, à devoir partager un ordinateur à deux ou plus encore, alors que chacun a ses urgences et ses obligations, professionnelles ou scolaires, faire la classe à des enfants qui ne veulent pas travailler vu « qu’il n’y a pas école », les occuper la journée - et tout cela en même temps, parfois - quand on a des enfants d’âges différents. J’avoue, il y aurait de quoi craquer…

Oui, ce confinement nécessiterait de pouvoir s’isoler pour se ressourcer, ce qui n’est pas forcément possible. De ce fait, la tension peut monter, amenant alors stress, irritabilité, impatience, intolérance, incompréhension, manque d’analyse et de gestion des situations émotionnelles, pouvant aller jusqu’à de la colère (émotion que l’on subit, tous, et non état dans lequel on se plonge volontairement) et donc craquage, avec conflits, disputes, cris, pleurs et parfois même des comportements extrêmes de décompensation avec violence verbale voire physique. Quand l’envahissement émotionnel est trop important, qu’il amène beaucoup de tension et que la fuite n’est pas possible, il mène à l’agressivité et souvent, à l’agression de l’autre, c’est … psychologique !

Alors, attention à nous, veillons les uns sur les autres, avec bienveillance, calme et sérénité. Prenons le temps de respirer, de souffler. Prenons soin de nous aménager un temps pour nous dans ce temps ensemble, c’est sans doute dans ce contexte que l’expression très à la mode de « vivre ensemble » prend tout son sens. Ayons par exemple une activité physique au domicile qui nous fasse un peu oublier ce milieu fermé, confiné, exigeant, tenseur, ou sortons pour nous en éloigner un peu (maximum 1 heure par jour et 1 km de chez soi, règle oblige).

Quand on n’en peut plus (et même un peu avant d’ailleurs), allons crier ou taper dans un coussin plutôt que de projeter notre colère sur quelqu’un. Et surtout, sachons raison garder pour toujours analyser la situation, comprendre ces tensions et l’irritabilité grandissante avant qu’elles ne nous envahissent et nous amènent à la violence.

Sachons faire redescendre la pression en n’absorbant pas les émotions de l’autre, sachons nous relayer entre parents, identifier les nécessités (souffler, dormir, prendre l’air...), fixer des priorités à objectif simple (un seul à la fois). Et sachons lâcher prise pour que chacun retrouve un peu d’espace. Nous séparer quand nous sommes contraints à tant de proximité est tout autant nécessaire que pouvoir se retrouver quand on est séparés…

Enfin, comme je vous l’exprimais il n’y a pas si longtemps sur la page Facebook de la ville, nos bureaux sont fermés mais nos portes restent ouvertes ! Alors un souci, une préoccupation, une inquiétude, un doute, une question, un simple besoin de parler ? Pas d’hésitation : nous sommes là, pour vous et avec vous, solidaires. Et dans solidaire, il y a solide ! »